> La créature de Coppélius

Le ballet “Coppélia” est projeté au cinéma ABC dans la chorégraphie de Ninette de Valois, d’après Lev Ivanov et Enrico Cecchetti, interprété par le Royal Ballet au Covent Garden de Londres, dans le cadre de la saison des retransmissions des productions du Royal Opera House.

Dernier fleuron des grands ballets académiques parisiens du XIXè siècle, “Coppélia” a été créé à l’Opéra de Paris en mai 1870, dans la chorégraphie d’Arthur Saint-Léon, sur la musique élégante et humoristique de Léo Delibes, aux rythmes variés et aux couleurs instrumentales contrastées. Plusieurs fois remaniée à la demande de Saint-Léon, la partition emprunte de nombreux éléments au folklore d’Europe centrale : au côté du thème slave et de la mazurka, les czardas hongroises apparaissent à cette occasion pour la première fois au théâtre. Avec “Coppélia”, c’est aussi la première fois dans la genèse d’un ballet qu’un compositeur adapte sa musique aux personnages et à l’histoire racontée par le livret. Inspiré par le conte fantastique “L’Homme au sable”, d’E.T.A Hoffmann, le librettiste Charles Nuitter gomma le côté sombre de l’histoire pour faire de “Coppélia” une joyeuse comédie. Le rôle de Swanilda était alors interprété par Giuseppina Bozzacchi, qui mourut de faim le jour de ses 17 ans, pendant le siège de Paris, six mois après la première représentation.

L’argument reprend le mythe de Pygmalion et Galatée : Coppélius, vieux savant fantasque, fabrique des automates et finit par tomber amoureux de l’une de ses créatures qu’il a baptisée Coppélia. Un jeune villageois, Franz, aperçoit Coppélia chaque jour à la fenêtre de la maison du vieux savant. Sensible à la beauté de la jeune fille, il lui déclare sa flamme. Mais sa fiancée Swanilda s’introduit avec ses amies chez Coppélius et découvre que Coppélia n’est autre qu’un automate. Elle décide alors de se substituer à la poupée et de jouer un bon tour à son amant et au savant. Franz pénètre dans la maison par la fenêtre, mais Coppélius le surprend, le drogue et tente d’insuffler son âme à sa poupée qui semble s’animer. La supercherie est mise au jour quand la jeune fille, inquiète de voir Franz évanoui, appelle les villageois au secours. Une fête célèbre le mariage des amoureux.

La troupe londonienne du Royal Ballet reprend “Coppélia” à Covent Garden, dans la mise en scène amusante et pleine de charme de Ninette de Valois, inspirée de la chorégraphie de Lev Ivanov et Enrico Cecchetti. Réalisés par Osbert Lancaster, les décors et costumes ouvrent les pages d’un livre d’images riches en couleurs. Le spectacle sera projeté à Toulouse, dans le cadre de la saison des retransmissions des productions du Royal Opera House de Londres, au cinéma ABC.

> Jérôme Gac

photo © Bill Cooper
  • Samedi 11 janvier, 15h00, au cinéma ABC (13, rue Saint-Bernard à Toulouse, métro Jeanne d’Arc, 05 61 21 20 46)