> La grève au musée

À Toulouse, les méthodes de management de la nouvelle direction des Abattoirs sont contestées par une partie du personnel du musée d’art moderne et contemporain de la Région Occitanie.

Alors que s’ouvre le même jour au Musée des Abattoirs l’exposition événement “Picasso et l’exil, une histoire de l’art espagnol en résistance”, « une grande partie du personnel tient à faire part de son inquiétude et de sa souffrance au travail dues à la gestion actuelle de cet établissement en déposant un préavis de grève pour ce vendredi 15 mars », annonce un communiqué signé par une partie des salariés du musée et par la section syndicale Sud 31 des Abattoirs.

Depuis septembre 2016, à la suite du départ d’Olivier Michelon pour la Fondation LVMH à Paris, Annabelle Ténèze assure à Toulouse la direction des Abattoirs–Frac Occitanie, musée qui fêtera ses vingt ans en 2020 (photo). Selon le communiqué du personnel, la nouvelle exposition a été mise en place « dans la plus grande désorganisation, entrainant une fermeture inopinée au public pendant les vacances scolaires, et au mépris des domaines de compétences les plus élémentaires de chacun des membres du personnel qui œuvrent, pour certains depuis vingt ans, au rayonnement des Abattoirs sur la scène régionale, nationale et internationale. C’est un cri d’alerte qu’exprime le personnel en grève. »

Dans un contexte de réduction incessante de certaines subventions accordées aux structures culturelles, les fréquentes alertes des salariés auprès des tutelles (Mairie de Toulouse, Région Occitanie) sont restées sans réponses, affirme le communiqué : « Le personnel des Abattoirs se trouve à un point de rupture mettant en danger ses missions, son mode de fonctionnement et au-delà la santé de ses agents. Le départ de l’ancien directeur, Mr Olivier Michelon, et l’absence de direction qui s’en est suivie durant près de six mois n’ont pas favorisé le dialogue, l’arrivée de la nouvelle directrice a fini de cristalliser le malaise. » Ce climat, où règne « l’absence de dialogue » et où « les conditions de travail sont devenues délétères », coïncide avec la multiplication, depuis deux ans, des arrêts maladies actés par la médecine du travail.

Pour achever le tableau, le communiqué insiste « sur la dégradation des conditions de travail et le mal être des agents dans un contexte de mépris de la part de la direction et son incapacité à travailler en équipe, sur la désorganisation du fonctionnement de l’établissement, sur le manque de communication interne, la mauvaise gestion des ressources humaines, le manque de transparence dans la circulation de l’information, sur l’absence de reconnaissance des agents renforcée jour après jour par un autoritarisme et des injonctions caractérisées à la limite de l’abus de pouvoir et le mépris qui pèse sur un personnel fragilisé dans ses missions et dans son mode de fonctionnement avec les publics et les multiples acteurs culturels toulousains et d’Occitanie. »

« Commandité depuis plus d’un an sur ces questions de désorganisation », un audit est « mené par une agence qui défend par ailleurs l’institution sur des litiges avec un ancien salarié », mais son rapport est sans cesse reporté, soutient le communiqué.

> Jérôme Gac

photo © D. R.

  • Les Abattoirs : 76, allées Charles de Fitte, métro Saint-Cyprien/République, 05 62 48 58 00