> Les quatre jours du savoir

« En commun » est le thème de la troisième édition de “L’Histoire à Venir”, manifestation toulousaine dédiée à la recherche historique.

La librairie Ombres Blanches, le Théâtre Garonne, l’Université Toulouse Jean-Jaurès et les éditions Anacharsis proposent la troisième édition de “L’Histoire à Venir” dans une vingtaine de lieux de la ville. Le temps de quatre journées, librairies, bibliothèques, musées, salles de spectacles et de cinéma, ou encore la maison des chômeurs accueilleront une centaine d’invités, qu’ils soient universitaires, auteurs, journalistes, artistes. Les rencontres annoncées prennent la forme de conférences, de forums, de débats et discussions, de visites et déambulations, de spectacles et performances originales, mais aussi d’ateliers interactifs et expérimentaux destinés à exhiber la recherche en train de se faire. L’ambition de cet événement est en effet de « montrer que l’histoire, loin d’être un récit figé et nostalgique, est une discipline vivante qui permet de mettre en perspective les débats du passé et les possibles de l’avenir, tout en nous aidant à comprendre les enjeux des débats contemporains. »

Ainsi, comme les années passées, des discussions avec les auteurs des ouvrages qui ont marqué l’année éditoriale, ainsi que les deux thématiques pérennes « Histoire et démocratie » et « Écrire l’histoire » permettront de « compléter un éclairage sur les débats qui traversent l’historiographie et les sciences sociales contemporaines : fiscalité, droit, écologie, solidarité, Internet, frontières… autant de questions essentielles pour s’armer intellectuellement et agir sur le monde qui nous entoure. » « Histoire et démocratie » sera l’occasion de décrire les expériences de réfugiés espagnols en France, la guerre des partisans soviétiques au début des années 1940, les élections en Haute-Garonne aux XIXè et XXè siècles, etc. On attend notamment l’historien Gérard Noirel qui évoquera ses travaux sur l’histoire de l’immigration, de la classe ouvrière et des mouvements sociaux, et se penchera sur l’articulation entre recherche et engagement personnel. « Écrire l’histoire » s’attachera à questionner la vulgarisation de l’histoire sur le site en ligne YouTube, la place des historiens dans l’écriture d’un film, ainsi que l’écriture de l’histoire de l’Union Soviétique, des peuples d’Amérique, de la Méditerranée au XVIIè siècle ou de la philosophie, mais aussi la pratique du théâtre depuis les Grecs, etc.

« En commun » est le thème choisi pour cette troisième édition de “L’Histoire à Venir”. Il s’agira d’interroger « les nombreuses définitions du “commun”, de ce que nous partageons, de ce que nous possédons collectivement, de ce qui nous unit, de ce qui nous permet de vivre ensemble et de construire la société à laquelle nous appartenons », annoncent les organisateurs. Seront notamment abordées des problématiques liées à l’eau, à l’écologie, à l’impôt, au droit, aux frontières, à l’Europe, aux religions, aux idéologies, au colonialisme, à l’art en général et au cinéma en particulier, à l’Internet, etc.

Signalons enfin l’invitation faite à des chefs et restaurateurs toulousains pour animer La Cantine de l’Histoire installée pour l’occasion dans une salle du Théâtre Garonne, où se croiseront les invités, le public et l’équipe organisatrice du festival. L’entrée des différentes rencontres est libre d’accès, mais pour permettre la pérennisation de la manifestation une participation est demandée au public qui est chaque année sollicité « en fonction de ses moyens et de ce qu’il estime être la valeur des rencontres auxquelles il a participé ». Les organisateurs ont également ouvert une campagne de financement participatif via la plateforme HelloAsso, rappelant que « la production du savoir, la diffusion des connaissances et la culture ont un coût, que nous avons choisi d’assumer collectivement afin de concourir à l’accessibilité par tous ».

> Jérôme Gac

photo : “La Cecilia” de J.-L. Comolli