> Pass or not pass ?

Le ministère de la Santé autorise finalement les salles de spectacles à limiter leur capacité d’accueil pour ne pas avoir à appliquer le contrôle du pass sanitaire.

Depuis l’annonce par le Président de la République de la mise en place, dès le 21 juillet, d’un pass sanitaire obligatoire pour l’accès aux espaces de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes (salles de spectacle, parcs d’attractions, salles de concert, festivals, salles de sport, cinémas, etc.), plusieurs lieux ont décidé de limiter la capacité d’accueil de chacune de leurs salles à 49 personnes pour ne pas avoir à appliquer cette mesure qui consiste à prouver, par la présentation numérique (via l’application TousAntiCovid) ou papier, la vaccination complète, un test négatif récent ou l’immunisation.

   « Nous ne vous contrôlerons pas à l’entrée. Notre guinguette passe à 49 places », peut-on lire sur la page Facebook de la Cave Po’ à Toulouse. Plusieurs cinémas de l’agglomération toulousaine ont également choisi d’abaisser leur capacité d’accueil en dessous de cinquante personnes, mais n’excluent pas l’application du pass sanitaire en fonction de l’évolution de la situation, tels l’ABC, Le Cratère, l’American Cosmograph et Utopia Borderouge à Toulouse, ou encore Utopia à Tournefeuille, l’Autan à Ramonville-Saint-Agne, le Rex à Blagnac.

Du côté du cinéma Le Central à Colomiers, on prévient via Facebook : « Nous sommes pleinement mobilisés et solidaires dans la lutte contre le Covid. Nous avons toujours eu à cœur d’appliquer tous les protocoles (parfois contraignants) qui nous ont permis d’accueillir le public en toute sécurité. L’équipe du cinéma est d’ailleurs totalement vaccinée depuis quelques semaines. Mais travailler tout au long de l’année pour faire de nos lieux des espaces d’ouverture et de convivialité rime difficilement avec contrôle et exclusion ». Même son de cloche au Théâtre du Grand-Rond qui se refuse fermement à « contrôler l’état sanitaire » des spectateurs, des artistes accueillis et des salariés.

Paru le 20 juillet au Journal officiel, le décret du 19 juillet précise les modalités d’application du pass sanitaire, déjà en vigueur depuis le début de l’été pour les événements rassemblant plus de mille personnes et aujourd’hui étendu à partir de 50 personnes : « Le seuil de 50 personnes mentionné est déterminé en fonction du nombre de personnes dont l’accueil est prévu par l’exploitant de l’établissement ou du lieu ou par l’organisateur de l’événement, en fonction des règles qui leur sont applicables et des limitations prévues par le présent décret. »

Dans la foulée, un communiqué de la Fédération nationale des Cinémas français (FNCF) assurait : « Un cinéma peut donc organiser des séances limitées à 49 personnes sans pass sanitaire et des séances à 50 spectateurs et plus avec pass sanitaire. Les cinémas peuvent également appliquer ces différentes mesures par salle : une salle avec pass sanitaire et une salle à 49 spectateurs sans pass sanitaire. »

Or, interrogée le 21 juillet par le site franceinfo, la Direction générale de la Santé (DGS) assurait : « Il n’est pas possible pour une salle ayant une capacité d’accueil de plus de 50 personnes d’abaisser sa jauge, sous peine de sanction pour non application du pass sanitaire ». Mais rebondissement le lendemain, lorsque le ministère de la Santé indique dans la soirée à l’AFP que le pass sanitaire est obligatoire dans les salles de « cinquante places et plus, même si seulement dix sièges sont occupés lors d’une séance. Les dix spectateurs doivent avoir présenté un pass sanitaire valide. Mais si le cinéma met en vente moins de 50 billets pour une séance — et prévoit donc d’accueillir moins de 50 spectateurs —, le pass sanitaire n’est plus nécessaire ».

Le cinquantième spectateur, qui se sera fait refouler faute d’avoir acheté sa place à temps, pourra se diriger vers la Cinémathèque de Toulouse (photo) qui agrandit sa capacité d’accueil chaque été, pour transformer sa cour de la rue du Taur en salle à ciel ouvert. Cet événement annuel, très fréquenté, est l’occasion pour la Cinémathèque de Toulouse de proposer au plus grand nombre une programmation de films à apprécier la nuit venue, sous les étoiles. Pas de réduction de jauge donc : un pass sanitaire et un masque (recouvrant nez, bouche et menton) sont exigés à l’entrée de la cour. Une démarche tout à fait logique puisque chaque film n’est projeté qu’une seule fois en plein air, la séance affichant parfois complet. Les couche-tôt peuvent toutefois apprécier la même programmation en fin d’après-midi, lors de la reprise du film de la veille dans le confort de la salle climatisée.

> Jérôme Gac

photo la Cinémathèque de Toulouse © D. R.

  • “Cinéma en plein air”, du mercredi au dimanche à 22h00 jusqu’au 8 août ; à 21h30 du 11 au 28 août, à la Cinémathèque de Toulouse (69, rue du Taur, 05 62 30 30 10)