> Scène canonique

À Toulouse, la troisième saison élaborée pour le Théâtre Sorano par son directeur Sébastien Bournac est placée sous le signe de la jeunesse.

Pour sa troisième saison toulousaine à la direction du Théâtre Sorano et après deux années de succès public, Sébastien Bournac poursuit sur sa lancée avec une nouvelle édition automnale du festival “Supernova” dédié à la jeune création. Dans ce cadre, il montera “L’Éveil du printemps”, de Frank Wedekind, avec les comédiens sortant de la dernière promotion de l’Atelier de formation du ThéâtredelaCité (ex-TNT). On verra également les comédiens sortant du Conservatoire de Toulouse dans “La Nuit des rois”, de Shakespeare. Quant à Maxime Taffanel, il évoque dans “Cent mètres papillon” l’histoire d’un ado épris de natation, etc. Parmi les spectacles programmés, on annonce en ouverture de saison le retour du conteur Sébastien Barrier pour le portrait du chat “Gus”, et le Nimis Groupe témoignera du parcours de migrants dans “Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu”, interprété par treize comédiens, dont six d’entre eux sont sans-papiers.

L’auteur et metteur en scène Gérard Watkins présente “Scène de violences conjugales”, et la Compagnie des Limbes fait entendre dans “Témoignages” — présenté dans une salle de la Cour d’assises du Palais de Justice — les poèmes de l’écrivain objectiviste américain Charles Reznikoff. On retrouve les Belges du Raoul Collectif dans “Le Signal du promeneur”, soit cinq biographies d’hommes en rupture, et Georges Lavaudant dirige les jeunes acteurs sortant de l’Ensatt de Lyon dans “Le Rosaire des voluptés”, de Stanislas Rodanski. Deux créations de l’auteure et performeuse Marion Siéfert sont annoncées, et la comédienne sourde Emmanuelle Laborit est l’interprète d’un spectacle musical dans lequel on entendra du Bashung, Brigitte Fontaine ou encore Bizet.

Quatre pièces de Labiche sont montées par Jean Boillot (directeur du CDN de Thionville), et le jeune Collectif 49 701 revisite « les Trois Mousquetaires » en 6 épisodes. L’extraordinaire Patrice Thibaud joue la mère d’un jeune prodige du flamenco dans « Franito », Emmanuel Noblet présente son adaptation – récompensée aux Molière – de « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal, et Rémy Barché met en scène « la Truite » (photo), comédie dramatique prenant la forme d’un repas de famille – avec notamment Christine Brücher, vue à maintes reprises au TNT (« Jean Santeuil », « La Cantatrice chauve », « Mille francs de récompense », etc.). « À nos Atrides » est l’adaptation de « l’Orestie » d’Eschyle par Laurent Pérez, avec notamment Régis Goudot et Sylvie Maury, et une mise en scène des « Bacchantes » d’Euripide sera l’occasion de retrouver au Théâtre Sorano la comédienne Anne Alvaro, etc.

En attendant le premier spectacle qui inaugurera cette saison à la fin du mois de septembre, tout le théâtre est ouvert au public pour une visite guidée des lieux à l’occasion des “Journées européennes du Patrimoine”. Inauguré en 1964 par Maurice Sarrazin pour abriter sa compagnie Le Grenier de Toulouse, le Théâtre Sorano devient alors le siège du Centre dramatique national. Il sera ensuite dirigé par Jacques Rosner dès 1985, jusqu’à la construction du TNT — ThéâtredelaCité ouvert en 1998 — date du déménagement du CDN. Réinvesti par Maurice Sarrazin et son Grenier de Toulouse à l’aube du nouveau millénaire, le Sorano devient un théâtre municipal et accueille plus tard le Groupe Ex-abrupto de Didier Carette, directeur du théâtre de 2003 à 2011.

> Jérôme Gac

photo : “La Truite” © Joseph Banderet

  • “Journées européennes du Patrimoine”, samedi 15 et dimanche 16 septembre, visites de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00 (entrée libre sur réservation),
  • “Gus”, du mercredi 26 au vendredi 28 septembre à 20h00, au Théâtre Sorano (35, allées Jules-Guesde, métro Palais de Justice, 05 32 09 32 35)